Monsieur le maire

 

 

Vous avez accusé réception de mon RAR 3E00026110523 le 29 juillet dernier mais n’y avez pas encore répondu directement...

En revanche, vous avez communiqué par voie de presse et fait publier trois articles sur le site de la ville auxquels je me dois de répondre point par point...

 

Vous dites que « [la ville] sollicite aussi en cas de besoin ponctuel, [une entreprise spécialisée] par exemple si des terriers ont été repérés » et que « Sevran veille à ce que [la population des rats] ne prenne pas d’ampleur ».

 

Je suis obligée de m’inscrire en faux sur cette assertion. A titre personnel, depuis 2012 j’ai interpellé vos services à trois reprises – c’est-à-dire chaque fois qu’un rat s’est introduit dans mon domicile – demandant à ce que la dératisation intègre les espaces verts proches de nos immeubles de l’avenue Berlioz ainsi que nos jardins privatifs propriété de la ville où chacun pouvait observer des terriers et surtout des rats.
Chaque fois - jusqu’à ces derniers jours - j’ai enregistré une fin de non recevoir...

 

Vous dites également : « Parfois on peut avoir l’impression qu’ils [les rats] sont plus nombreux, alors qu’ils sont juste plus visibles. Par exemple, les travaux les dérangent ou les délogent. Quand ils sont sous nos yeux, c’est parce qu’il y a de la nourriture. » 

Si les rats déménagent jusque dans nos parcs publics et nos jardins privatifs, c’est pour s’y installer et y proliférer tranquillement puisque aucune dératisation n’y a été entreprise avant que nous ne médiatisons ce problème ! Si aux abords du marché il y a effectivement de la nourriture – ce que chacun peut constater – peut-être faudrait-il contraindre les commerçants à se plier au respect des mesures d’hygiène et à l’utilisation des sacs biodégradables https://bit.ly/2YPgoKd

On peut certes déplorer quelques incivilités de la part de sevranais à cet égard mais c’est plus marginal... Des actions de prévention en direction de la population pourraient être mises en place rapidement, à tous les niveaux.

 

« Depuis quelque temps, la présence de rats autour des deux gares se fait trop dérangeante. »

 

C’est depuis les travaux de mise aux normes des gares en 2012 – et non « depuis quelque temps » que nous constatons une prolifération des rats plus inquiétante que dérangeante...

 

« La SNCF et la Société du Grand Paris, responsables de ces travaux, ont été sollicitées par la municipalité pour lui apporter un soutien sur le terrain ».

Nous aimerions beaucoup connaître la réponse et l’implication des acteurs des travaux de la ligne 16. C’est pourquoi nous avons ajouté à la liste des destinataires de notre lettre ouverte messieurs Bruno Beschizza, Président de Paris Terre d'Envol ; Patrick Ollier, Président de la Métropole du Grand Paris et Thierry Dallard, Président de la Société du Grand Paris express.

 

 « Les bailleurs et les copropriétés sont aussi responsables des interventions sur leurs patrimoines. A charge à eux de programmer les opérations en fonction des besoins. »

Ne vous semble-t-il pas indispensable de coordonner les actions de dératisation afin qu’elles gagnent en efficacité ? Par ailleurs, il vous appartient - au titre de premier magistrat de la ville - d’exiger des bailleurs récalcitrants (qui laissent à bien des égards leur patrimoine et leurs locataires à l’abandon) qu’ils s’exécutent !

 

« 130 postes d'appâts ont été installés par le prestataire en charge de la lutte contre les rongeurs. Il s'agit de boîtes sécurisées rechargeables en appâts, placées à des intervalles de 10 à 20 mètres dans la zone de traitement. »

Pour venir à bout d’un unique rat, votre prestataire m’a facturé 240 € TTC pour une intervention à domicile de 30’ comprenant la pose de 6 pièges à glue ; 2 postes chargés de 8 appâts (similaires à ceux posés sur l’espace public) ; 2 tapettes et a projeté à deux reprises sous mes meubles une mousse qui, déposée sur le pelage des rats, a pour objectif de les trucider lorsqu’ils la lèchent. Cette unique bestiole n’a pas touché aux appâts, s’est échappée deux fois des pièges à glue et court toujours ! Cerise sur le gâteau : le prestataire m’a conseillé, au cas où la bestiole se collerait une 3e fois sur un piège à glue, de l’attraper et de la jeter dehors moi-même !

 

Pour venir à bout de la prolifération des rats dans notre quartier, la ville aurait fait poser 130 postes à appâts pour un montant de 4 195,87 €... Je suis désolée de vous dire que je ne suis pas sûre que cette intervention fasse diminuer considérablement la population de nuisibles.

 

 « Ces interventions ont eu lieu autour des résidences Isabelle, Irène, dans le parc des Sœurs, autour du marché, du stade, rues Mère-Térésa, Berlioz, Jouhaux... »

Avec quelques voisins, nous avons eu beau ouvrir les yeux en grand, nous avons du mal à croire que les appâts soient si nombreux... pour qu’il y en ait réellement eu 130 de posés.

 

« Cette opération s'inscrit dans le cadre des campagnes menées tout au long de l'année dans tous les secteurs de la ville impactés par cette recrudescence de rongeurs. »

Nous laissons à nos concitoyens des autres quartiers impactés par la prolifération des rats le soin de vous répondre...

 

Selon l’interview donnée au Parisien, « l'objectif mené par la ville vise, non pas à éradiquer totalement la population des rongeurs, mais à la réguler puisqu'elle participe à l'écosystème urbain : un rat peut engloutir jusqu'à 9 kg de détritus chaque année. Ils sont également d'une aide précieuse pour déboucher les tuyauteries »

Où va se nicher l’écologie ?  De ce point de vue, vous pourrez bientôt vous féliciter des résultats de la politique de dératisation municipale... Un rat femelle pouvant avoir55 petits par an, on estime qu’un couple de rats donne naissance à une descendance de 5.000 individus sur une année. Que d’économies générées sur la gestion des déchets ménagers !

 

Persuadés que vous serez sensibles à nos demandes et à celles de nos concitoyens, nous vous prions de croire, monsieur le maire, en l’expression de nos salutations les plus courtoises.

 

 

 

Les rats de Sevran par l'association Bâtisseurs d'égalité